Face à un marché de la tôlerie fine en mutation et aux défis économiques récents, la SAS Lewis Industrie a connu une phase délicate qui a conduit à une intervention judiciaire. La reprise par le Groupe Maji marque un tournant stratégique significatif pour cette entreprise historique de Nemours. Au-delà de la simple passation de gouvernance d’entreprise, cette transaction illustre les dynamiques actuelles de l’industrie française, axées sur la consolidation et le transfert d’actifs au sein de secteurs clés comme la défense, le transport et l’aéronautique.
Acquisition stratégique au Tribunal de commerce de Melun : un souffle nouveau pour la SAS Lewis Industrie
Depuis sa création en 1993, la SAS Lewis Industrie s’est spécialisée dans la fabrication de pièces de tôlerie fine de précision, répondant principalement à des commandes en petites et moyennes séries. Avec un effectif de 48 salariés et un chiffre d’affaires voisinant les 7 millions d’euros, la société faisait face, depuis 2024, à une baisse significative des commandes, liée à un contexte économique plus tendu.
Les tentatives de redressement, bien que soutenues, n’ont pas suffi à inverser la tendance, ce qui a conduit à l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire en mai 2025 auprès du Tribunal de commerce de Melun. Cette étape lourde de conséquences visait essentiellement à assurer la pérennité de l’entreprise, en recherchant un repreneur capable de revitaliser l’activité.

Le Groupe Maji, acteur majeur de la sous-traitance, lauréat d’une reprise à fort enjeu industriel
Deux acteurs avaient manifesté leur intérêt pour la reprise de la SAS Lewis Industrie, mais le Tribunal de commerce de Melun a choisi, en septembre 2025, l’offre présentée par le Groupe Maji. Dirigé par Gérault Verny, ce groupe français, fort de 15 ans d’expérience, emploie aujourd’hui 300 salariés et affiche un chiffre d’affaires consolidé de 30 millions d’euros en 2024.
Spécialisé dans des secteurs stratégiques tels que la défense, le transport et l’aéronautique, le Groupe Maji inscrit cette acquisition dans une stratégie de développement long terme. Cette opération, emblématique du paysage actuel des fusions-acquisitions dans l’industrie française, illustre comment la gestion industrielle modernisée et la synergie entre entités peuvent renforcer la compétitivité nationale.
Maintenir l’emploi et pérenniser l’activité : un pari réussi pour la reprise d’entreprise
Par cette acquisition, le maintien de l’activité sur le site de Nemours est assuré, avec la sauvegarde de 37 emplois sur les 48 salariés initialement présents. Le Groupe Maji a par ailleurs formulé sept propositions concrètes de reclassement pour accompagner les salariés concernés, une démarche qui montre une volonté affirmée de responsabilité sociale dans le cadre du redressement.
Ce transfert d’actifs et cette nouvelle gouvernance d’entreprise permettent non seulement de stabiliser la situation de la SAS Lewis Industrie, mais aussi d’insuffler un nouvel élan dans un secteur confronté à de nombreux défis forcés par la concurrence internationale et les mutations technologiques.
Les coulisses juridiques et administratives de cette opération industrielle majeure
L’ensemble de la procédure a été piloté par des professionnels aguerris : les administrateurs judiciaires Jérôme Cabooter et Jérôme de Chanaud du cabinet Ajilink Île-de-France, le mandataire judiciaire Maître Christophe Ancel (SELARL MJC2A), ainsi que les conseils juridiques des deux partis, Maîtres Maria-Carla Motte-Conti (Almain) pour le cédant et François Wyon (Orrick LLP) pour le cessionnaire.
Ce travail de coordination entre sociétés, administrations et juridictions illustre la complexité des opérations de fusion-acquisition dans l’industrie, où la rigueur juridique doit accompagner une gestion industrielle efficace pour aboutir à un résultat gagnant-gagnant.
Cette reprise reflète une tendance qui se retrouve également dans beaucoup d’autres secteurs touchés par des évolutions rapides. Pour approfondir les dynamiques financières et les stratégies d’investissement dans des contextes économiques variés, l’étude de cas de la reprise du Groupe Maji rejoint d’autres exemples comme le récent rachat d’Electronic Arts ou bien d’autres opérations étudiées sur des plateformes spécialisées.
Les enseignements tirés de cette acquisition sont riches pour tous les acteurs de l’industrie française, qu’il s’agisse de gestionnaires, d’investisseurs ou de décideurs. Ils apportent un éclairage précieux sur les mécanismes de redressement, l’importance du cadre judiciaire et la nécessité d’une gouvernance d’entreprise agile et adaptée.
Pour les professionnels ou passionnés qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur la reprise d’entreprise et la gestion des transferts d’actifs dans le tissu industriel national, consulter des ressources autour de la gestion industrielle et les logiciels adaptés s’avère instructif.











