Le golf de la côte d’Albâtre laissé à l’abandon : une perte financière de 14 millions d’euros au profit des sangliers

découvrez l'histoire fascinante d'un golf abandonné d'une valeur de 14 millions d'euros, autrefois lieu de prestige, aujourd'hui laissé à l'abandon. explorez les raisons de cette déchéance et les enjeux autour de ce site exceptionnel.

Né d’une ambition collective, le Golf de la Côte d’Albâtre incarnait en 2017 une vision verte et innovante : un parcours éco-responsable de 75 hectares à Saint-Riquiers-ès-Plains, entre Dieppe, Étretat et Rouen. Huit années plus tard, ce projet porté par la communauté de communes de la Côte d’Albâtre se révèle un lourd échec financier, avec une charge totale avoisinant 14 millions d’euros. Depuis sa fermeture officielle en juin, le parcours s’abandonne peu à peu, envahi par les sangliers et livrant un témoignage amer sur la gestion des espaces verts et des investissements publics dans la région.

Le golf de la Côte d’Albâtre : un projet ambitieux qui n’a pas trouvé son public

À ses débuts, ce site de golf, pensé pour concilier l’écologie locale et le développement économique, devait devenir un atout majeur du Tourisme Normandie. De prime abord séduisant, avec son parcours principal de 18 trous, un parcours école de neuf trous, ainsi qu’un practice à 30 postes, il réunissait toutes les composantes idéales pour attirer golfeurs débutants et confirmés.

Pourtant, malgré une installation soignée et un entretien des greens initialement exemplaire, la fréquentation n’a jamais atteint les seuils attendus. En 2020, année marquée par la pandémie, le nombre d’abonnés demeurait inférieur à 100, tandis que plusieurs voix s’élevaient déjà pour questionner ce doublon dans un territoire où les clubs de golf en France étaient déjà bien établis, notamment ceux d’Étretat ou Dieppe-Pourville.

découvrez l'histoire fascinante d'un golf abandonné estimé à 14 millions d'euros : mystère, patrimoine et perspectives inédites autour de ce lieu hors du commun.

Un contexte régional peu favorable à une nouvelle installation golfique

Le pari d’un golf supplémentaire, dans une zone déjà pourvue de plusieurs parcours, soulève inévitablement des interrogations. Le témoignage de Franck Foiret, maire de Vittefleur, souligne l’impact limité d’un tel équipement face à une population locale modeste et une concurrence naturellement forte.

Le Conseil départemental de Seine-Maritime, ainsi que la Chambre de commerce de Dieppe, ont observé avec attention la gestion et la rentabilité du projet, critiquant notamment une dépense annuelle qui avoisinait 900 000 euros en dépit d’une fréquentation insuffisante.

Une gestion contestée : entre finances publiques et abandon progressif

Le golf, dont la structure était gérée via une délégation de service public, n’a jamais su conjuguer ambition locale et viabilité économique. Depuis sa création, il a constitué une charge financière importante pour la communauté de communes, entre investissements initiaux et coûts d’entretien des greens et espaces verts.

Malgré des subventions publiques notables, la faillite programmatique a abouti à la décision prise fin avril 2025 de refermer définitivement les portes. Ce constat s’accompagne d’une mise en vente dont le succès tarde à venir, tandis que les hectares se laissent progressivement envahir, notamment par les sangliers, aujourd’hui maîtres des lieux.

découvrez l'histoire fascinante d'un golf abandonné, jadis estimé à 14 millions d'euros. plongez dans ce reportage sur un lieu mystérieux, entre luxe passé et nature sauvage retrouvée.

Conséquences économiques et écologiques d’un projet non pérenne

Au-delà de la défaillance financière, ce constat ouvre un débat plus large sur la gestion des espaces verts à l’échelle locale et l’utilisation optimale des fonds publics destinés au développement du territoire. La situation du golf illustre également les défis liés à la pérennité des infrastructures sportives dans une région où le tourisme tente de se renouveler.

Le coût cumulé, estimé à 14 millions d’euros, comprend à la fois les dépenses directes liées à la construction et les charges récurrentes, édifiant un précédent coûteux pour les collectivités territoriales. Le risque est désormais, pour d’autres projets de même nature, de faire l’objet de plus grandes questions sur leur insertion économique et environnementale.

Un avenir incertain pour le golf de la Côte d’Albâtre

Depuis plusieurs mois, la communauté de communes se trouve dans l’attente d’un repreneur pour le complexe, sans grand succès. Le prix demandé, oscillant entre 1 et 2 millions d’euros, peine à convaincre face à d’importants travaux et au besoin de reconfiguration d’un site qui a déjà bien vécu.

La Municipalité de Dieppe et les acteurs locaux réfléchissent à une potentielle reconversion, mais la difficulté d’intégrer des ambitions économiques et écologiques pose un défi supplémentaire. Le futur de ce lieu reste donc suspendu à l’évolution du marché immobilier sportif et à la capacité des acteurs régionaux à s’investir dans la revitalisation durable de ce site.

Articles similaires