En 2025, l’arrestation de Maminiaina « Mamy » Ravatomanga à l’île Maurice a déclenché une onde de choc dans l’économie et la politique de Madagascar. Proche du président déchu Andry Rajoelina, ce magnat multi-sectoriel est au cœur d’une affaire complexe mêlant blanchiment d’argent et transferts douteux impliquant l’aviation iranienne.
Les liens économiques et politiques de Mamy Ravatomanga : un empire au cœur de Madagascar
Mamy Ravatomanga, entrepreneur au profil emblématique, bâtit son influence sur un conglomérat diversifié étendu à quasiment tous les pans de l’économie malgache. De l’exportation des produits phares comme la vanille et les litchis, en passant par la distribution automobile avec des acteurs majeurs tels que Axian et Vifer, jusqu’à la santé, le BTP, l’hôtellerie, et même le golf, son groupe rayonnait largement. Cette emprise s’étend également aux médias comme Star Madagascar ou la sécurité privée, faisant de lui un acteur incontournable.
La proximité entretenue avec l’ex-président Rajoelina a longtemps été un levier déterminant pour sa croissance et son contrôle économique. Pourtant, ce lien a aussi cristallisé la colère populaire, étant vu comme un symbole de captation des richesses publiques.

Le contexte de l’arrestation : des soupçons liés à un scandale aéronautique international
Vendredi dernier, Ravatomanga a été interpellé à la clinique Premium Care de Phoenix, sur l’île Maurice, par la Financial Crimes Commission (FCC). Les autorités mauriciennes le suspectent de blanchiment d’argent et de complicité dans un transfert illégal impliquant cinq Boeing 777 vers l’Iran, en dépit des sanctions américaines en vigueur contre la compagnie Mahan Air.
Cette opération, facilitée par des certificats d’immatriculation provisoires émis par l’Aviation civile malgache, a été qualifiée de falsification après une enquête à Madagascar. Elle met en lumière un réseau dont Ravatomanga serait un maillon essentiel, d’où la demande express du ministère de la Justice malgache d’émettre une notice rouge via Interpol.
Les répercussions politiques et économiques de l’affaire sur Madagascar
Au-delà de l’action judiciaire, cette arrestation intervient dans un contexte bouleversé où une unité militaire a rejoint les manifestations antigouvernementales, précipitant la fuite d’Andry Rajoelina. Michaël Randrianirina, le commandant mutiné, a été intronisé président, illustrant un profond changement dans les équilibres de pouvoir.
La chute de Ravatomanga et la remise en cause de son réseau économique secouent les fondations d’un système largement kényanisé autour d’élites proches du pouvoir. Le gel de ses avoirs à l’île Maurice, allié à la pression judiciaire, devrait déstabiliser ses nombreuses entreprises, allant de la marque Sobika dans le secteur agroalimentaire à Habibo, un acteur important du tourisme et de l’hôtellerie.
Un avenir incertain pour les groupes économiques du magnat malgache
L’ombre de cette arrestation plane sur les entreprises exemplaires comme Bionexx, dans le secteur pharmaceutique, ou Sipromad, qui sont jusqu’ici restées des piliers de l’économie insulaire. La sortie de ce tombeau légal ouvre une phase d’incertitude quant à la stabilité des marchés locaux et à la confiance des investisseurs internationaux.
Ce tournant judiciaire et politique invite à revisiter l’impact de l’élite économique dans la gouvernance nationale, un enjeu crucial dans une région où Madagascar joue un rôle clé, notamment dans le développement de pôles comme l’énergie ou les technologies digitales à travers des groupes comme Telma.











