À bord de l’Orient-Express Corinthian, le décor ne se contente pas d’habiller les espaces : il raconte une histoire de voyage, de mémoire et de savoir-faire. Entre références au train mythique, œuvres contemporaines et métiers d’art, ce voilier transforme chaque traversée en aventure esthétique.
Orient-Express Corinthian : un décor inspiré par le voyage et les années 1930
Dès la passerelle, le Corinthian compose une atmosphère singulière. Les bois sombres, les tons ambrés et les accents orangés évoquent l’élégance des années folles, tandis que les lignes courbes rappellent l’univers ferroviaire de l’Orient-Express réinventé en mer.
Les œuvres d’art participent pleinement à cette mise en scène. Dans le lobby et le restaurant gastronomique, les bas-reliefs d’Étienne Rayssac déploient des motifs marins ou végétaux, donnant aux espaces une ampleur presque théâtrale. Le décor devient ainsi un premier récit, celui d’un départ vers un ailleurs imaginé.
Du train mythique au souvenir des grands paquebots
La mémoire du voyage se poursuit dans les coursives et les suites, où des photographies en noir et blanc de Roger Schall font écho au paquebot Normandie. Elles rappellent notamment sa première traversée entre Le Havre et New York, en 1935, et inscrivent le Corinthian dans la continuité des grandes traversées du XXe siècle.
La bibliothèque prolonge cette évocation avec des ouvrages consacrés au voyage, à l’Art déco, à la joaillerie et aux figures de fiction. L’atmosphère y fait penser à Agatha Christie : le visiteur n’y découvre pas seulement des livres, mais un imaginaire où l’Orient-Express est aussi une aventure littéraire.
Les œuvres d’art du Corinthian, entre mer et imaginaire
À bord, les matières et les formes semblent dialoguer avec l’eau. Les mosaïques de Nicole Zäch, présentes dans le salon des cartes et sur la boule à facettes du Wagon bar, mêlent éclats d’or, d’or blanc et miroirs pour créer une composition presque céleste.
Dans La Table de l’Orient-Express par Yannick Alléno, les panneaux de verre bleu profond conçus par Emmanuel Barrois évoquent la lumière lunaire sur l’océan. Les luminaires imaginés avec l’éditeur italien Viabizzuno prolongent cette image : leur dessin reprend les ondes produites lorsqu’une goutte tombe à la surface de l’eau.
Les dessins à l’encre d’Alexei Rezvyi donnent au navire une présence graphique, tandis que les œuvres monumentales de Joseph Staskevich confèrent à certaines suites du pont 7 un caractère singulier. Chaque création propose un autre regard sur le voyage, entre observation du navire et rêverie maritime.
Carnet de bord · Art et traversée
À bord de l’Orient-Express Corinthian, chaque décor raconte une histoire de voyage
Du relief sculpté aux jeux de lumière, les œuvres composent un récit où la mer rencontre les matières, la mémoire et le patrimoine.
Sept escales artistiques
Choisissez une création pour découvrir son écho dans le voyage.
Étienne Rayssac · Bas-reliefs
La mer sculptée
Des accents marins et végétaux donnent au décor sculpté un mouvement organique, comme si le paysage traversait les espaces du navire.
Sur cette traversée, l’art ne se contente pas d’orner : il relie l’horizon maritime aux gestes des artistes et à la mémoire des grands voyages.
Le savoir-faire artisanal au cœur de l’élégance
Dans le restaurant L’Écrin, Gabriel Léger signe une œuvre en laiton martelé où apparaît un extrait en grec moderne des Argonautes. Cette référence à la mythologie méditerranéenne relie le périple antique à la traversée contemporaine, comme si le décor rappelait que la mer porte depuis toujours des récits d’exploration.
La précision se remarque aussi dans les détails que l’on touche ou que l’on longe : miroirs et verreries gravées, rampe métallique façonnée par la maison Chauvet, plafond du spa en carton-pierre, panneaux plumes de l’atelier Vermeulen et poignées conçues par Rémy Garnier. Ici, le luxe tient autant au temps consacré à la fabrication qu’à l’apparat des matériaux.
Une expérience de voyage façonnée par les métiers d’art
Les photographies de Masha Kontchakova racontent la réalisation de ces pièces à travers la France, jusqu’à la coque d’acier du navire. La mise à l’eau du Corinthian, en avril 2026 à Saint-Nazaire, marque une étape concrète de cette aventure, où l’ingénierie navale rencontre le travail des artisans.
Imaginez une passagère qui quitte le pont pour rejoindre le Wagon bar : les reflets de la mosaïque l’accompagnent, puis les œuvres et les matières changent de ton au fil des espaces. Ce parcours révèle l’ambition du navire : faire du patrimoine une expérience vivante, et du décor un compagnon de traversée plutôt qu’un simple arrière-plan.