Lors du Sportel à Monaco, Guy-Laurent Epstein, directeur marketing de l’UEFA, s’est exprimé sur le récent appel d’offres pour la diffusion de la Ligue des champions entre 2027 et 2031. Cette compétition phare vit une évolution majeure avec la mise en concurrence mondiale pour certains droits, mettant au défi les diffuseurs traditionnels comme Canal+. L’enjeu est crucial : intégrer les géants du streaming tout en préservant le modèle économique et les attentes des supporters et partenaires historiques.
Nouvelle stratégie de l’UEFA pour les droits TV de la Ligue des champions 2027-2031
L’UEFA innove en lançant pour la première fois une offre mondiale dédiée à un géant du numérique. Cette initiative répond à une transformation profonde du paysage audiovisuel, où les plateformes de streaming telles qu’Amazon Prime Video, Apple TV et Netflix prennent une place prédominante dans la consommation sportive. Le contrat historique de la NBA avec Prime Video, avoisinant 17 milliards d’euros sur onze ans, a inspiré l’UEFA à explorer ce modèle pour la Ligue des champions.
Guy-Laurent Epstein insiste toutefois sur la nécessité d’équilibrer l’offre globale avec les droits locaux, notamment ceux détenus par des acteurs majeurs comme Canal+, BeIN Sports, RMC Sport, et TF1 en France. Le dossier est complexe car il faut garantir que l’arrivée des diffuseurs numériques n’érode pas la valeur des marchés traditionnels, qui représentent 60 % des revenus actuels.

Un défi de programmation mondiale pour la nouvelle offre
Un défi majeur est la programmation des matches diffusés sur la plateforme mondiale. Guy-Laurent Epstein explique qu’une affiche unique sera proposée à travers le globe, limitant par exemple la visibilité répétée d’une même équipe comme le PSG ou le Real Madrid en phase de groupes. Ce choix vise à préserver l’attrait des autres lots vendus sur les marchés locaux, où Canal+ conserve une expertise pointue pour capter l’audience française.
Lors de la phase à élimination directe, la programmation sera plus flexible, offrant une meilleure diversité et attractivité aux différentes offres. Cette architecture garantit que les diffuseurs locaux comme Mediapro ou Altice peuvent continuer d’adapter leur contenu aux préférences régionales des fans de football.
L’incursion des plateformes mondiales dans la diffusion sportive
Amazon Prime Video a déjà franchi une étape en s’engageant sur un lot global pour la Ligue des champions, signe que le marché évolue rapidement. Apple TV a, quant à lui, sécurisé des droits similaires pour la Major League Soccer jusqu’en 2032, démontrant l’intérêt croissant des géants du numérique pour le football, même si à ce stade leur présence reste limitée face aux géants traditionnels.
L’UEFA travaille étroitement avec sa nouvelle agence Relevent, basée aux États-Unis, qui possède un réseau solide auprès de ces plateformes. Ce partenariat vise à maximiser les revenus en tirant parti de la demande mondiale tout en renforçant la visibilité des compétitions comme la Ligue Europa et la Conference League.
Un modèle économique en pleine mutation
Avec des revenus actuels de 4,4 milliards d’euros par saison pour ses trois compétitions, l’UEFA vise à dépasser les 5 milliards grâce à cette stratégie. Le précédent appel d’offres avait permis une croissance de 25% liée au nouveau format de la Ligue des champions, et le but est d’atteindre une hausse similaire, entre 20 et 25 %, sur le prochain cycle.
Guy-Laurent Epstein confirme que Canal+, diffuseur historique, reste le plus gros contributeur avec 480 millions d’euros par saison. Cependant, la concurrence avec les plateformes mondiales est désormais une réalité que Canal+ connaît bien. L’UEFA attend de ce nouvel appel d’offres des offres solides des acteurs numériques sans compromettre la valeur des diffuseurs locaux comme France Télévisions, Mediapro ou Altice.
Autres évolutions dans l’organisation de la Ligue des champions
L’UEFA a récemment modifié l’horaire de la finale de la Ligue des champions, la programmant désormais à 18 heures au lieu de 21 heures. Cette décision, orientée vers une meilleure expérience pour les spectateurs, facilite les déplacements et les retours, notamment dans des régions comme le Moyen-Orient et l’Asie, tout en permettant une diffusion plus favorable dans ces fuseaux horaires.
Si cette initiative peut surprendre certains diffuseurs traditionnels, elle illustre la volonté de l’UEFA de s’adapter aux attentes des fans et d’optimiser le rayonnement mondial de ses compétitions.











