Roland Lescure, récemment nommé à la tête du Ministère de l’Économie et des Finances, ne cache pas ses inquiétudes face à certaines pratiques fiscales qu’il qualifie d’« intolérables » et de « sorcellerie fiscale ». Dans un contexte où la gestion budgétaire requiert rigueur et transparence, le ministre tire la sonnette d’alarme à quelques semaines du vote du budget 2026 à l’Assemblée nationale.
Roland Lescure alerte sur les dérives fiscales lors du débat budgétaire 2026
Alors que la Direction générale des Finances publiques travaille en étroite collaboration avec le Trésor Public pour affiner les projections, le budget 2026 est loin d’être un simple exercice comptable. Roland Lescure dénonce l’adoption par certains députés de mesures fiscales qu’il considère inefficaces, voire contre-productives, sous le terme évocateur de « sorcellerie fiscale ». Selon lui, ces initiatives, loin d’améliorer la justice fiscale, obfusceraient la stabilité économique recherchée à travers un sérieux équilibre budgétaire.
La crainte du ministre porte notamment sur des mécanismes compliqués, difficiles à appliquer et à contrôler, ce qui pourrait compliquer le travail des inspecteurs des finances et de la Cour des comptes. Ces mesures risquent à la fois d’affaiblir la crédibilité de l’administration fiscale et d’engendrer des contournements.

Un appel pour un budget clair et pragmatique à Bercy
Dans cet entretien exclusif accordé à La Tribune Dimanche, Roland Lescure insiste sur la nécessité de concevoir un budget qui reflète un équilibre entre exigence budgétaire et stabilité politique. Fort de ses collaborations étroites avec l’INSEE et le Conseil d’État, le ministre appelle à abandonner les mesures jugées comme des balivernes fiscales afin de garantir une justice fiscale efficace et mesurable.
La vision portée par le ministère est claire : privilégier la simplicité et la transparence sur des mécanismes trop alambiqués qui brouillent les repères des contribuables et des acteurs économiques. Impots.gouv.fr, principal portail des contribuables, se doit d’être le reflet de cette accessibilité accrue.
Les impacts de la « sorcellerie fiscale » sur les finances publiques
Les tensions montent alors que certains amendements, adoptés récemment par des groupes parlementaires, tentent de durcir la taxation des multinationales françaises. Cette stratégie, loin de satisfaire les ambitions du ministère, pourrait se solder par une perte d’attractivité économique tout en compliquant la mission du Ministère de l’Économie et des Finances.
À terme, ces mesures rigides risquent d’affecter la trésorerie publique en créant des niches fiscales difficiles à contrôler. Le travail des inspecteurs des finances de Bercy se voit donc alourdi, autant que celui de la Cour des comptes dans sa mission de contrôle et d’évaluation des dépenses publiques.
La justice fiscale au cœur des débats politiques
Roland Lescure plaide non pas pour un statu quo, mais pour une réforme pragmatique qui assure l’équité fiscale sans tomber dans des complexités inutiles. L’exemple d’un petit entrepreneur confronté à des législations floues illustre bien l’urgence d’un cadre clair et stable. L’Assemblée nationale est donc au centre d’enjeux majeurs qui demanderont coopération et discernement.
Le Ministre insiste sur le fait qu’une fiscalité juste et transparente est le socle d’une souveraineté industrielle, énergétique et numérique renforcée, objectifs prioritaires de son mandat. Pour lui, il ne s’agit pas seulement d’équilibres comptables, mais d’un pacte de confiance à renouveler entre l’État et ses citoyens.











